Délice des mots

23 novembre 2007

Erwan (Brocéliande)

Les remparts de Rennes s’embrasent du pourpre du levant.

Dans la plaine, les troupes de Lancastre font tache sombre dans l’or du soleil.

Ce siège n’en finit pas. Maudit soit Jean lll, qui n’a pas su nommer de successeur au trône de Bretagne. Tous les rapaces de France s’arment pour dévorer le pays des druides.

Le chevalier Erwan pense que subir un siège n’est pas une attitude honorable.

Rejoindre l’ennemi harnaché d’une mauvaise cause, et le chasser. Voilà la solution.

Puis il rejoint le seigneur Du Guesclin pour lui faire part de son sentiment.

Noble cœur, ce Du Guesclin venu défendre Rennes sans espoir de récompense, mais par esprit de justice.

Bertrand parle haut avec ses chevaliers qui l’acclament, il hurle :

-« Nous allons lancer nos flèches jusqu’aux cieux, Descendre dans la plaine en brandissant l’épée de justice, nous allons mettre en pièces ces vautours. Maintenant, chevaliers ! »

Erwan reste silencieux dans le tapage,  et se dirige vers l’écurie.

Il est prêt. Il se range au côté de Bertrand. C’est une faveur qu’il doit à sa famille. Et à Bertrand. Le pont-levis se baisse. Voyant cela, les troupes adverses émettent un immense grondement.

Le fauve rugit aussi fort que le silence des chevaliers francs et bretons.

Puis soudain, Du Guesclin brandit son épée en criant :

« Montjoie Saint Denis !!!! Notre Dame Guesclin !!! »

Erwan enchaîne :

« Araok Atao !!! »

Le combat eut lieu, et Rennes fut libérée.

Erwan survécut à ce combat. Puisque je suis là.

Posté par broceliande_8 à 14:42 - broceliande


13 novembre 2007

L'étoile (broceliande)

Je rejoins la forêt où se trouve un sentier qui descend dans la vallée.
L’air est pur, le ciel clair comme un premier matin du monde.
Je marche sur un tapis de feuilles d’or et d’ambre.
Le temps semble figé aux branches des arbres.
C’est alors que la forêt se met à vibrer. De plus en plus fort dans ma tête.
Je suis les vibrations qui s’amplifient et m’arrête devant un petit chemin.
C’est là. Et devant mes yeux éblouis, se dresse un grand menhir, à peine éclairé sous de grands arbres centenaires.
Je m’approche, le cœur battant, de la pierre qui m’appelle, puis pose mes mains sur elle.
Des images défilent, assez floues au début.
Des hommes en capuchon, autour du menhir.
Puis un couple arrive, et se dessine plus nettement dans ma tête.
Je me reconnaîs, retient mon souffle, et regarde le visage de l’homme.
Une onde immense d’amour et de tendresse me submerge. C’est  LUI.
Puis un homme à capuchon s’approche, et nous marie rapidement.
C’est la guerre, le combat doit reprendre.
Mon épou ramasse sa lance et son arc, me jette un regard brûlant, éperdu, et s’enfonce dans la forêt.
Alors je reste seule… ma vision s’arrête là.
Puis, en m’éloignant de la pierre, je la reconnaîs enfin.

Posté par broceliande_8 à 15:20 - broceliande

08 octobre 2007

Marion d'Alésia (broceliande)

Elle a traversé la rue sans même regarder, vêtue de haillons, mais marchant comme une reine.
Marion du métro Alésia, SDF parmi tant d’autres, mais, pas comme les autres.
Dans la cours des miracles où elle vit, on la nomme marquise des Anges, et dans tous les sens du terme. En échec de la société, oui, mais pas de la vie. De sa vie, qu’elle conduit sans compromissions.
Jamais vaincue, jamais vraiment, car toujours se relevant pour un combat sans espoir, semble-t-il…
Mais Marion vit d’espoir. Non point pour revenir dans cette société qui l’a rejetée, mais pour aller plus loin, vers la lumière qui l’enveloppe et la façonne à l’image d’un ange.
Elle marche vers la Porte d’Orléans dans le vacarme des voitures qu’elle n’entend pas. Elle part vers le soleil, avec sa copine Mona, la camioneuse.
Mona Lisa, qu’on la nomme, parce que son sourire… Elle part vers la mer, plus besoin de haillons… Nue, dans le bleu infini, elle nagera jusqu’aux limites de l’horizon… Et là, il se passera quelque chose de merveilleux… Forcément…

Posté par broceliande_8 à 12:11 - broceliande


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